Revenir au corps : des clés concrètes pour sortir du mental et des croyances
- Nathalie FOURY

- 29 déc. 2025
- 4 min de lecture
Après la rupture avec l’image, après ce moment où le corps devient un territoire hostile, vient toujours la même question, silencieuse :
Et maintenant, comment je fais ?
Comment revenir au corps sans ajouter une injonction de plus. Comment sortir du mental, des croyances, des jugements sur soi. Comment arrêter de se forcer à fonctionner d’une manière qui ne nous correspond pas.
Ces questions, je me les suis posées longtemps. Et ce sont aussi celles que j’entends, encore et encore, chez les femmes que j’accompagne.
Quand le mental prend toute la place
On nous a appris à analyser, corriger, améliorer. À “tenir”, à maîtriser, à faire bonne figure. À regarder notre corps comme quelque chose à contrôler, ajuster, voire réparer.
Très tôt, beaucoup de femmes se coupent de leurs sensations :– elles ignorent la fatigue– elles dépassent leurs limites– elles forcent une posture qui rassure les autres– elles apprennent à se montrer “comme il faut”
Avec le temps, le corps devient silencieux…ou au contraire bruyant, tendu, douloureux.
Et le mental prend toute la place.
👉 Ce que j’ai compris, par ma propre expérience comme par celle de mes clientes, c’est que le problème n’est pas le corps. Le problème, c’est le bruit mental qui empêche de l’écouter.
Le corps comme boussole, pas comme vitrine
Le corps sait. Toujours.
Il sait quand quelque chose est juste ou non.Il sait quand une situation nous nourrit ou nous épuise.Il sait quand on s’autorise… et quand on se trahit.
Mais pour l’entendre, encore faut-il lui laisser de l’espace.
Chez beaucoup de femmes que j’accompagne, je retrouve les mêmes phrases :
“Je ne sais plus ce que je ressens.” “Je ne sais jamais si c’est un vrai oui.” “Je doute en permanence.” “Je force, même quand je sais que ce n’est pas juste.”
Ce n’est pas un manque d’intuition.C’est un corps qui n’a plus le droit de guider.
Ce que les autres perçoivent… et ce que tu ignores
Une des grandes prises de conscience, pour moi comme pour mes clientes, concerne le décalage entre ce que l’on croit montrer et ce que l’on dégage réellement.
Certaines femmes se pensent discrètes, effacées…alors qu’elles prennent beaucoup de place énergétiquement.
D’autres se croient solides, inébranlables…alors que leur corps crie l’épuisement.
Beaucoup attirent des projections, des attentes, des rôles, sans comprendre pourquoi “on attend toujours ça d’elles”.
👉 Ce que j’observe, séance après séance, c’est que nous dégageons quelque chose indépendamment de notre volonté. Notre posture, notre présence, notre rythme parlent avant nous.
Et tant qu’on n’en a pas conscience, on subit.
Ce qui bloque vraiment (et qu’on prend pour un défaut)
Avec le recul, je vois à quel point j’ai moi-même passé des années à me juger sur des choses qui n’étaient pas des défauts :– un rythme irrégulier– des phases d’élan intense suivies de besoin de retrait– une grande sensibilité à l’environnement– une difficulté à entrer dans des cadres rigides
Mes clientes arrivent souvent avec les mêmes croyances :
“Je suis trop comme ci.” “Pas assez comme ça.” “Je devrais être plus constante.” “Plus structurée.” “Moins sensible.”
Ce que nous mettons en lumière ensemble, c’est que ce qui bloque n’est pas leur nature, mais le fait de vouloir fonctionner autrement.
👉 Très souvent, ce que l’on ne s’autorise pas est précisément ce dont on a besoin pour se sentir bien dans son corps.
Des pistes concrètes pour revenir à soi
Revenir au corps ne demande pas de tout changer. Mais d’observer différemment.
Quelques pistes simples que j’explore avec mes clientes :
Observer les moments où le corps se ferme… et ceux où il s’ouvre
Repérer ce qui épuise systématiquement, même si “ça fait bien”
Identifier les environnements où l’on se détend naturellement
Reconnaître les situations où l’image devient une armure
S’autoriser à respecter son rythme réel, pas celui attendu
Ces prises de conscience, parfois très simples, ont souvent un effet immédiat :
“Je comprends enfin pourquoi je me sens comme ça.” “Je me rends compte que je me force depuis des années.” “Ce n’est pas moi le problème.”
Et ça change tout.
Un outil pour décoder, pas pour enfermer
C’est dans cette démarche que j’utilise aujourd’hui le Human Design.
Non pas comme un système à apprendre.Mais comme un outil de décodage du corps, de l’énergie et des interactions.
Il ne dit pas qui tu dois devenir. Il met des mots sur ce que tu es déjà, et sur ce que tu as appris à ignorer pour t’adapter.
Pour beaucoup de femmes, cette lecture apporte un immense soulagement :
“Je comprends pourquoi je fonctionne comme ça.”“Je me sens enfin légitime.”“Je peux arrêter de lutter.”

Revenir au corps, ce n’est pas se réparer
Ce n’est pas “s’aimer à tout prix”. Ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre.
C’est arrêter de se trahir.
C’est apprendre à se regarder avec plus de vérité, et à laisser le corps reprendre sa place de guide.
C’est exactement ce chemin que j’explore aujourd’hui, à travers mes accompagnements et le Double Regard : aider les femmes à se voir autrement, parce qu’elles ont appris à vivre autrement qu’elles ne sont.
La suite n’est pas une méthode miracle. C’est une exploration. Et elle est à portée de main.
Reprendre le pouvoir, pas à pas
Après un changement de vie difficile, on ne cherche pas à se transformer.On cherche d’abord à se retrouver.
Comprendre son fonctionnement, reconnaître ce que le corps a encaissé, mettre des mots sur ce qui semblait confus ou incohérent…c’est souvent le premier geste de reprise de pouvoir.
Pas un grand virage spectaculaire. Mais un déplacement intérieur très concret :celui qui permet d’arrêter de se battre contre soi.
Sur le plan personnel, ce retour à soi redonne de l’espace, de la respiration, et la possibilité de faire des choix plus justes, même petits.
Pour les femmes entrepreneuses, l’impact est immédiat. À chaque plafond de verre qui explose, à chaque croyance qui tombe, c’est une posture qui se redresse, une vision qui s’élargit, une manière de se montrer qui devient plus alignée.
Le corps n’est plus un obstacle à dépasser. Il redevient un allié.
Et c’est souvent à partir de là —dans cette clarté nouvelle, dans cette autorisation intérieure —que l’évolution devient inévitable.
Le Double Regard n’est pas une promesse de transformation. C’est un point de bascule.
Celui où tu arrêtes de chercher à correspondre, et où tu commences à incarner.
Quand le corps est entendu, quand l’énergie est respectée, l’image devient évidente.
La suite se vit. Elle ne se surjoue pas.



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